Description morceau par morceau
Others Demanding (électro mini)Pit Wilson et Jessica Hastings se rencontrent et enregistrent leur premier album à la fameuse Goldsmith University of London après y avoir été étudiants au début des années 2000. Dans la même promo que James Blake, ils signent un disque aux antipodes de leur camarade chouchou des pop stars américaines. Extreme Symphony of the Kindergarten est l’acte de naissance de l’hypothétique bambin de la scène électro minimale de la délicieuse manie de glisser partout des samples cassette. C’est un titre qui se découvre assez progressivement et pour tout dire, j’étais septique à la première écoute. Une fois avoir enduré pour la première fois ces cinq minutes de kick d’une écrasante sécheresse : tout fait sens. Ce que l’on entend, concrètement, est une superposition d’électro minimale et d’une cassette trafiquée de cours d’éveil musical américain. Comme son nom l’indique donc, cette symphonie extrême du jardin d’enfant pourrait être les présentations de Pit et Jessica avec ce nouveau genre musical qu’ils explorent. On saluera le choix d’un nom de groupe qui fera l’effort de se rendre prononçable, bien loin de la mode en place des chiffres et des lettres, oui, parfois, un enchaînement de voyelles et de consonnes, ça me soulage.
Passage à Tabac (satanisme municipal)On change complètement d’ambiance avec un autre duo, français cette fois. Impossible de ne pas inclure avec affection dans cette compilation fracassante les nouvelles recrues de la Grande Triple Alliance Internationale de l’Est : Passage à Tabac, que l’on a découvert l’année dernière avec leur EP quatre titres Outrage et Rébellion. Si l’on s’attache aux genres, le leur serait sans aucun doute le satanisme municipal. Bien que les deux membres de ce mystérieux projet prenne un grand soin à ce que l’on ne mette pas le nez dans leur affaires : on peut supposer sans grande prise de risque qu’ils bouffent à la Face Cachée autant de Noir Boy George que de Corde Raide et de Frau Trofea. Ce deuxième album donc, Cachemire, dont est issu le morceau choisi pour Collection de Foie, est, à cette image une grande face B résolument énervée. Pour vous donner une idée de l’univers, vous pourrez bientôt les découvrir à Paris dans un lieu pour l’instant gardé secret le 3 novembre 2026 lors de la soirée spéciale « Release Partout Justice Nul Part » aux côtés d’autres projets inédits dont je vous recommanderai chaudement l’écoute plus tard.
Pessoa Pessoa (Bossa Nova)Sortons maintenant de l’indémodable darkitude pour plonger dans l’univers du brésilien Pessoa Pessoa et son single What Bossa Could Be sorti en exclusivité chez Usage de Faux. Véritable ovni ou exercice de style, je vous laisse choisir. Amateur de guitares pourries et de sons lofi immondes, il me cueille par surprise avec une démarche aussi simple que séduisante. Vous aimez Gastr Del Sol, vous devriez tendre l’oreille du côté de Pessoa Pessoa. Son dernier album fraîchement sorti chez Nothing New Record est une collection de reprises de standards de bossa tellement défoncés qu’on les reconnaît à peine. Il joue sur différentes guitares mythiques et bling-bling aussi adorées que moquées. What Bossa Could Be est dans cet esprit une réinterprétation lofi presque punk d'un tube meconnu de bossa nova de la région de Porto Alegre. Sûrement le signe que les amateurs de musiques biscornues attendaient pour introduire un grand oncle un peu snob à la nouvelle scène alternative. Tout le monde, croyez moi, y trouvera son compte dans un « ah mais jconnais » à l’unisson. L’occasion de twister le fond sonore de vos apéros dînatoires. J’étais moi-même à la session d’écoute en avant-première de son album, il y a quelques semaines au Zorba. C’était un lundi soir tranquille, il y avait quatre personnes, mais quatre personnes sorties de là ravies et changées.